6 Νοε 2008

Πολίτικη Ρουτίνα



Πριν λίγες μέρες βρέθηκα ξανά στη Κωνσταντινούπολη. Είχα σκοπό να βγάλω πολλές φωτογραφίες, να μαζέψω υλικό. Τελικά η ψηφιακή μου φωτογραφική χάλασε απ' τη πρώτη μέρα, και την άφησα τυλιγμένη και "ετοιμοθάνατη" μέσα στη κόκκινη τσάντα, αγκαλιά με ένα μπλε ρουά πουλόβερ. Το μόνο που πρόλαβα να φωτογραφίσω, ήταν ένας σκύλος, από μια γκραβούρα του 19ου αιώνα που βρήκα στο ξενοδοχείο. Έτσι χωρίς ψηφιακή ματιά, χωρίς σκοπό, βρέθηκα να τριγυρίζω, ξανά, στη χαώδη Ιστανμπούλ, με τις άπειρες της γάτες, τους σκύλους-γκραβούρες της, και τις τεράστιες κόκκινες σημαίες της.
Έχω κουραστεί από το μοιρολόι αιώνων για τις "χαμένες πατρίδες". Παρατηρώ τους Έλληνες επισκέπτες της Πόλης, που έρχονται χορτάτοι, οργώνουν τα μαγαζιά με τα δερμάτινα και τα κιλίμια, και τέλος, μια ωραία Κυριακή με ψιλόβροχο, πηγαίνουν στο Πατριαρχείο για να ανάψουν το κερί. Σκέφτομαι όλη αυτή τη κουλτούρα της "νοσταλγίας" για την εποχή που υπήρξαμε διωγμένοι και αξιοπρεπείς , πλούσιοι μες τα κουρέλια μας. Η "νοσταλγία" ξεκίνησε από ανάγκη, και έγινε τελικά, συνήθεια και βίτσιο. Που χάθηκε η μπάλα; Δεν θέλω να ξέρω, και να σας πω την αλήθεια δεν μ' ενδιαφέρει πια. Και δεν το λέω με το αφελές στυλ: "τι καλοί που είναι οι Τούρκοι κλπ κλπ", απλά νομίζω οτί πρέπει να ξεμπερδεύουμε με τη μιζέρια του υπερβολικού "ΧΘΕΣ" και του υπερβολικού "ΤΩΡΑ". Τα χουμε ξαναπεί αυτά. Το ΤΩΡΑ χωρίς ΧΘΕΣ δεν υπάρχει. Το "τώρα" όμως θα το βιώσουμε πραγματικά, όταν δούμε, επιτέλους, το "χθες" με τα δικά μας μάτια και όχι μόνο μ' αυτά του "σοφού" μπαμπά μας. Είναι πολύ δύσκολο, απαιτείται σύγκρουση.Μόνο έτσι,θα ξαναβρεθεί ο χαμένος κρίκος που συνδέει όλα αυτά.

2 σχόλια:

georges salameh είπε...

den thimame an milas galika ala sto stelno outosi alos.
inai ena kimeno pou egrapsa prin 2 Xronia kai eXi na kani me "tou sofou baba" ala perisotera me tin Xara pou ksekinisa na sou po sto proigoumeno comment.
inai mayiko pos merikes fores kanoun echo afta pou niothoume ia tin epoXi mas...

À propos du présent

En Europe, notre génération fut semble-il destinée à accomplir le pénible exploit de produire sans s’exprimer, de déconstruire son existence en silence. Même si des voix nouvelles commencent à résonner bientôt ce seront les voix d’une autre génération, représentées par une nouvelle étude statistique et une autre courbe du temps. Pourtant même cela ne me semble pas s’exprimer clairement encore !
La poésie – c’est de la voix du poète dont il est question – celle de notre temps et en particulier des deux dernières décennies, s’apprête à plagier et à recycler à l’infini celle des années 70 et 80. Cela ne mènera qu’à une reproduction sombre et fatale du dénuement actuel et nous conduit à un lithargé poétique absurde, si on ne réagit pas tout de suite !
Pour le moment, la voix et le pathos se sont arrêtés court, la réserve ouverte des émotions, joie et afflictions, de notre génération semble asséchée, comme si nos pères n’ont généré aucun successeur. On apparaît à nous-même, non comme sous un sort particulier mais comme le visage de notre époque, une suffocation de l’histoire, et une hypnose périlleuse.
Tout s’écoule, tout passe… Dans nos maisons, nous sommes comme des passagers, dans nos familles nous avons l’air étranger, dans nos villes nous ressemblons à des nomades…

« L’œil de l’avenir brille du véritable amour humain », cette phrase de Maïakovski résonne encore dans nos oreilles, mais on a déjà oublié son visage.
Aujourd’hui sans éros, nos visages sombrent dans une obsession de rapaces. Nos voix suffoquent dans la terreur du doute. Nos esprits renoncent à la joie de la création.
Sans amour aucun cloneur ne nous ressuscitera. Nous ne serons plus le budget d’aucun avenir. Nous ne pourrons plus parler de mort et de souffrances et faire entendre au cœur de la jeunesse les douceurs de l’immortalité et de la liberté.
Il faut s’accaparer de la parole.
Il faut commencer d’abords par abolir de notre langage la phrase : « il est bon de… ».
Il faut tenter de dire : « il est juste de…» ou « il est sage de…».
Il est vain de fantasmer que la science pourra un jour nous expliquer nos rêves. Il est malheureux de laisser notre sort dans les mains des machines du hasard.
Il faut oser.
Osez se dire par exemple que notre découverte de l’Amérique, servie fraîche aux quatre coins du monde, n’est certainement pas le reflet de son miroir mais seulement une banlieue de la cité et la province du présent.
Dans cette banlieue, l’humanité s’ennuie, alors on la terrorise…

En Europe, la culture du progrès, à tout prix et à n’importe quel sacrifice, nous pousse et nous oblige parfois à rêver à un « au-delà terrestre » virtuel, alors que je voudrais voir un terrestre éternellement charnel et dense dont l’expression est le culte sincère de l’humain et de sa sagesse animale.
L’avenir, dans la personne et par la voix du poète doit ressusciter l’homme du présent. Ce n’est pas une mission de video-game, mais une promesse et un hommage à ceux qu’ils ont faits depuis toujours.
Nous nous sommes jetés vers l’avenir avec trop de fougue et d’avidité, pour pouvoir garder et regarder un passé. Le lien des temps s’est déchiré. La théorie d’Einstein a relativisé. Et nous sommes resté en mouvement sans en savoir ni la raison ni le but.
Nous avons trop vécu par le futur de nos pères, trop pensé à lui, cru en lui, nous n’avons plus la sensation d’une actualité qui se suffise à elle-même, nous avons perdu le sentiment et l’intuition du présent. Nous avons oublié que nous seuls sommes le visage de notre temps.
Et que le cor du temps sonne grâce à nous.
Depuis l’effondrement des idéaux de nos pères nous sommes sans aucune théorie de rechange. Nous mettons même un certain acharnement à ne plus en trouver. Nous sommes devenus des témoins et les télé participants, à toutes sortes de cataclysmes sociaux, scientifiques, météorologiques et autres. On essaie maladroitement de nous rattraper sans résultat.
La médiocrité quotidienne nous écrase.
Et pendant ce temps-là…
Les ingénieurs des corps et des âmes ont pris le pouvoir. Ce que le fascisme et le nazisme n’ont pas réussi à opérer, c’est-à-dire inventer un homme nouveau, la science le réalise dans un silence bienveillant teinté ici et là d’inquiétudes obscurantistes.
L’oubli de l’être buvant à la source de sa joie est plus total que jamais.
Nous savons que déjà, les idées de nos pères étaient en désaccord avec leur vie – un sacré héritage ! Ils ne nous ont même pas légué la possibilité de se révolter contre eux. Ils nous avaient déjà noyé dans la bienveillance d’un avenir qui ne nous appartient pas.
Dans quelques dizaines d’années, on nous appellera les gens du millénaire passé et rien de plus. Nous avions des hymnes et des slogans captivants qui nous parlaient du futur et tout à coups, ces phrases sorties de la dynamique du présent, se sont transformés en faits d’histoire littéraire ou, encore pire, en de simples faits divers. Comme si une époque entière avait perdu son texte, et compensait ce « trou de mémoire » par la gesticulation.
Tout notre effort a consisté à introduire de l’instabilité et du déséquilibre dans ce qui paraissait ne plus devoir bouger.
Surréalisme, music électronique, bandes dessinées, animations, art vidéo, danse contemporaine, cinéma expérimental… Nous faisons de tout bois pour affoler la logique d’un sens unifié et monolithique qui semblait être un carcan enfermant la poésie. Il fallait libérer et la vie et l’Histoire et non pas interpréter notre existence et nos rêves. Et l’on a oublié que les rêves sont avant tout des laboratoires de notre mémoire. Et que justement tout « savoir faire » poétique s’est dilué dans toutes ces tentatives.
Peut-être, en sommes nous arrivés au même point, nous, nos pères et les politiciens, où les propositions, les discours et les représentations peuvent sembler s’êtres refermés sur eux-mêmes dans la sécurité de la reproduction, voire même dans un certain confort.
En Europe, la décadence et le confort ont lassé. Maintenant que les bardes ont vieilli, leurs mots traînés aux musés et cloués sur le mur du passé, la génération actuelle se sent encore plus ruinée, plus abandonnée et plus perdue, cette génération qui n’a pas, au sens le plus authentique du mot, la parole.
Pour cela il faut être exact au rendez-vous du présent, avec légèreté et rage.
Il faut s’accaparer de la parole et l’épingler sur nos miroirs.
Il faut réintroduire la tragédie dans « la polis» et déserter la banlieue de l’être.
Il faut jubiler pour résister.
Il faut quereller avec nos maladies terminales.
Il faut périr par l’agnosie et renaître par le silence.
Il faut oser la narration de soi-même.
Osez dire par exemple :

Découvrir un virus fatal ne suffit plus,
Il se dédoublerait et défierait les airs.
Si la voix ne fait pas résonner le cœur,
À quoi sert alors l’information ?

Cloner une cellule humaine ne suffit pas,
Elle se lèverait et prendrait la route.
Si la parole ne fait pas trembler la chaire,
À quoi sert alors la biotechnologie ?

Gagner la guerre n’a jamais suffi,
Elle se débrouillerait et perdrait toutes ses batailles.
Si la joie n’est pas la source de nos combats,
À quoi sert alors la résurrection ?


Georges Salameh
Palerme mars 2006

raz είπε...

ευχαριστώ για το κείμενο, georges.
κάποιος από την Αλεξανδρούπολη σκέφτεται περίπου τα ίδια.

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